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Journal acquis

TITRE : Est à votre disposition L'humour, 1928 (Journal) D'un massage à l'autre...

AUTEUR :

ÉDITEUR :

Date d'édition : du vendredi 27 janvier 1928 au 2 février, 11e année n° 578.

Lieu d'impression : France.

LANGUE : français

FORMAT : 54 cm. x 37 cm, 8 pages.

ISBN : aucun

Droits : libres

Crédit photographique : Le CFDRM.

Identifiant : http://www.cfdrm.fr

Numéro d'archives :

RELIURE : papier.

ILLUSTRATIONS : oui.

ETAT : fragile surtout aux pliures.

BIOGRAPHIE & THÈME : Humour masso-thanato-morbide.

POIDS :

Résumé :

Description :

Commentaires : Un massage par deux filles noires anthropophages (voire restitution de texte).

 

 

Fiche de repérage (mots clef) : à compléter
Massage ; masseuses ; masseurs ; patient ; frictions ; Massage grossissant physiologie générale et par érection, (grossissement du sexe) ; Un massage anthropophage.

TDM : Traite ou emploie des termes liés au massage : Oui, dans le titre en première page avec un article parodique relevant du masso-thanato-morbide.

Ce qui est intéressant ici c'est que le massage devient le procédé central visant à engraisser un homme destiné à être dévoré. La thanatomie en présence est édifiante puisqu'inconsciente du sort qui va lui arriver, l'homme réagit par l'érection elle-même distributrice de petite-mort. Le massage lui-même devient thanatique puisqu'il vise à le faire grossir pour être mangé alors qu'il est perçu par le massé dans son acception relaxante et érotique ce qui constitue une forme à l'envers de prédation sexuelle. Nous n'avons référencé pour l'heure que trois sources de massage utilisées pour faire grossir alors que généralement, c'est plutôt l'effet inverse qui est recherché.

Provenance : Dijon (21000)

Incorporation : à réception le lundi 11 juin 2018, 11:08.

Accès à l'emprunt : Non mais consutable sur place.

Statut de l'ouvrage : Don.

Reconnaissance associative : Ce journal appartenait à la bibliothèque Alain Cabello-Mosnier.

 

Restitution de texte (complète).

D'un massage à l'autre.

« Armand Silvestre à conté jadis l'étonnante aventure de l'amiral Le Kelpudubec, lequel, alors qu'il était midichip, avait été fait prisonnier, au cours, d'une croisière en Océanie par les sauvages d'une île Polynésienne. Ces Naturels, ingénument anthropophages, ayant, au premier abord, jugé la chair de leur prisonnier trop coriace pour être immédiatement servie sur leur table, avaient confié le soin de la bonifier, à deux jeunes filles de la tribu, fort belles toutes deux et masseuses habiles, Garaménéné et Kelbotutu. Il s'agissait, en effet, par des frictions spéciales don't ces peuplades lointaines ont le secret, de faire engraisser convenablement l'individu comestible, de façon à le rendre un peu plus dodu et savoureux en toutes ses parties. Or il arriva que l'infortuné Le Kelpudubec, à peine aux mains de ces deux beautés noires, loin de songer aux horreurs du sort qui l'attendait, se sentit tout au contraire charmé et manifestement diverti par la préparation particulière auquel il était soumis. En sorte que tout-à-coup, Garaménéné, constatant une amélioration locale au sujet s'écria :

_ Oh ! Regardez-donc, Kelbotutu ! Voilà qu'il engraisse déjà !

_ Taisez-vous petite sotte ! répondit Kelbotutu qui avait déjà vu le loup.

 

C'est une histoire qui vient d'arriver à un ami à moi qui m'a remis en mémoire ce récit de l'auteur des contes grassouillets. L'ami en question est d'un âge canonique déjà, et depuis pas mal de temps, il a renoncé à Vénus, à ses pompes et à sa main-d'oeuvre. Chez lui, surtout, naturellement, car il est marié. Or sa femme lui a fait cadeau, pour sa fête, d'un "point-roller", c'est cette espèce de rouleau en caoutchouc qui tourne entre deux poignées et qu'on peut promener soi-même sur son corps, ce qui

[changement de colonne] et avec avantage les frais de masseurs. Autant dire que tout au contraire du marin d'Armand Silvestre mon ami n'a pas besoin d'être engraissé, et c'est, tout-à-fait l'opposé, pour faire tomber un superflu de bedace qu'est destiné le cadeau conjugal. Et donc, l'autre matin, mon ami était dans son lit, la chemise retroussée jusqu'au menton et son "point-roller" aux deux mains, quand sa femme, entrant en coup de vent dans la chambre, les bras nus, le cou nu, toute fraîche et sortant du bain, le regarda, se mit à rire et dit :

_ Mais, ce n'est pas cela du tout ! Tiens, je vais te montrer comment on fait !

Et s'étant emparée d'autorité du "point-roller", elle se mit, penchée sur son ouvrage, à traiter le ventre du patient comme il le méritait , c'est-à-dire vigoureusement, de haut en bas, de droite à gauche et vice-versa.

Mais "patient" n'est pas le mot propre. Loin de là ! Car voici qu'à la manière de Le Kelpudubec dans son île, mon ami avec une surprise mêlée de joie et non sans quelque fierté, constata soudain, dans un bien-être accru de son état général, une amélioration locale, irrécusable et ostensible, voire presque ostentatoire et impérieuse.

Il est ainsi des réveils inattendus !

Mon ami dit alors à sa femme !

_ Tu ne vas pas me laisser comme ça ?

C'est une femme charmante. Non, elle ne "le laissa pas comme ça."

Et savez-vous comment, depuis, mon ami appelle son "point-roller" ? Il l'appelle mon "poing-roller" ! »